Portrait d’Éliane Walther

Sur un simple banc, un monde entier prend vie. C’est là, dans cet espace minuscule et improbable, qu’Éliane Walther fait naître depuis 2008 des univers peuplés de sorcières, de jardins miniatures et de personnages à qui elle prête voix et souffle.

Une conteuse avant tout

Avant de devenir la protagoniste d’un documentaire, Éliane Walther était déjà conteuse dans l’âme. Enseignante, elle a raconté d’innombrables histoires à ses jeunes élèves, puis à ses propres enfants, avant de transformer cette pratique intime en un véritable petit théâtre ambulant. Son outil de travail : un banc. Rien de plus. Mais un banc qu’elle façonne, meuble et réinvente à chaque histoire pour qu’il devienne tour à tour maison de sorcière, forêt enneigée ou jardin potager.

Tout faire elle-même

Ce qui frappe dans le travail d’Éliane Walther, c’est son exigence artisanale totale. Elle conçoit et fabrique elle-même chaque élément de ses décors : les maisons, les personnages, les livres miniatures d’une bibliothèque de poche, les légumes sculptés dans la pâte à bois, jusqu’à la clôture d’un jardin faite de brindilles. Rien n’est délégué, rien n’est acheté tout fait — chaque conte est une œuvre entièrement façonnée de ses mains.

Elle donne également à chacun de ses personnages une voix distincte, interprétant seule tous les rôles de ses histoires, qu’elle invente ou réarrange à sa manière. Ce travail vocal, associé à la minutie des décors, crée une expérience immersive où les enfants — et les adultes qui les accompagnent — se laissent emporter par la magie du récit.

Un film pour raconter la conteuse

Le travail d’Éliane Walther a inspiré aux réalisatrices Lucienne Lanaz et Julie Frund-Pozner le documentaire Le Théâtre magique d’Éliane, présenté aux Journées de Soleure en 2024. Le film a depuis circulé dans plusieurs salles de Suisse romande, notamment à la Cinémathèque suisse à Lausanne, où Éliane Walther elle-même est venue présenter son travail entourée de sa famille, ainsi qu’au Cinoche de Moutier et au Cinématographe de Tramelan.

Le documentaire donne à voir non seulement les spectacles eux-mêmes, mais aussi tout le processus de création qui les précède : la fabrication patiente des décors et des personnages, geste après geste, jusqu’à ce que le banc se transforme en un monde à part entière.